Une paroissienne poursuit son curé

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Radio-Canada Acadie

23 February 2007

Béatrice Lavoie, une dame de Dalhousie, intente une poursuite en dommage et intérêt contre le père Yvon Doiron et le diocèse de Bathurst, au Nouveau-Brunswick. Elle accuse le père Doiron d’avoir utilisé son autorité pour lui soutirer de l’argent.

Béatrice Lavoie affirme que sa vie a basculé en novembre 1998. Elle allègue que pendant les huit années suivantes, le curé de la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Dalhousie, le père Yvon Doiron, a profité de sa dévotion pour obtenir cet argent.

« Les téléphones ont commencé et il est venu ici. Il avait besoin d’aide. Il m’a demandé. Il a dit: ” J’aurais besoin d’aide financièrement ” », indique Mme Lavoie.

Selon la poursuite déposée contre le père Doiron et son employeur, le diocèse de Bathurst, le curé aurait obtenu plus de 110 000 $ de Mme Lavoie. « Je n’ai aucune idée de ce qu’il faisait avec ça », dit-elle.

Toujours selon la poursuite, Béatrice Lavoie aurait accepté naïvement, sous l’autorité du père Doiron, de lui avancer des sommes d’argent à plusieurs reprises.

Béatrice Lavoie a toujours maintenu des liens très étroits avec l’Église. Cette ancienne religieuse et retraitée d’un poste de secrétaire à l’hôpital local, affirme qu’elle ne pouvait lui dire non. « On a été élevé… Le prêtre, c’était presque sacré pour nous autres », dit-elle.

« Je ne suis pas coupable de ça, mais on dirait que je me sens coupable pareil. Il y en a qui disent: ” Mais, tu aurais dû arrêter avant “. Bien oui, mais moi, je me fiais qu’il allait me rembourser et que ça finirait là », ajoute Mme Lavoie.

Selon Mme Lavoie, le père Doiron lui aurait même demandé de contracter un prêt bancaire en son nom. « Ça, c’était en 2004. Un prêt de 23 000 $. Comme de fait, je ne pouvais pas lui refuser », affirme-t-elle.

Selon René Arseneault, l’avocat de la plaignante, cette affaire a coûté cher à Mme Lavoie. « Tout son fonds de pension, toutes ses économies de toute sa vie, qui lui aurait permis de prendre une petite retraite dorée », dit-il.

Selon Me Arseneault, Béatrice Lavoie n’est pas la seule paroissienne ayant été flouée. « Quand Mme Lavoie a accepté de faire cette entrevue, c’est en espérant que son exemple donnerait courage aux autres victimes », précise-t-il.

Dans la poursuite, Béatrice Lavoie allègue aussi qu’elle a subi des dommages psychologiques. Cependant, elle n’a pas perdu sa foi. « Parce que je me dis, là, j’ai besoin de l’Église plus que jamais », dit-elle.

Le diocèse réagit

Le père Yvon Doiron refuse d’émettre des commentaires. Le diocèse de Bathurst, par contre, a répondu par écrit à Radio-Canada. Le diocèse indique qu’il a l’intention de déposer bientôt une défense appropriée contre les allégations.

La lettre précise aussi que « dû à la nature sensible des allégations et en respect envers tous les individus impliqués, le Diocèse de Bathurst ne veut pas effectuer davantage de commentaires publics concernant cette affaire ».

Le règlement de cette affaire risque de s’étaler sur une longue période.

 

 

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